ACTUALITÉS Darkglass Anagram : Le multi-effets ultime pour bassistes modernes

Darkglass Anagram : Le multi-effets ultime pour bassistes modernes
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À mi-chemin entre station de travail audio, préampli haut de gamme, simulateur d’amplis et véritable centre névralgique pour une config de scène ou home studio, l’Anagram se présente comme un « do-it-all » ambitieux. Mais tient-il ses promesses ? Voici une plongée détaillée dans cette machine qui pourrait bien redéfinir le futur des setups basse compacts.

Darkglass Anagram : la nouvelle pierre angulaire des rigs basse modernes

Depuis plus d’une décennie, Darkglass Electronics s’est imposé comme l’un des constructeurs les plus influents du monde de la basse, façonnant l’esthétique sonore moderne grâce à ses overdrives, préamplis et solutions numériques. En 2025, la marque finlandaise franchit une nouvelle étape avec l’Anagram, un multi-effets/amp modeler complet pensé d’abord pour les bassistes. Là où beaucoup de plateformes sont des produits « guitare-first » adaptés ensuite aux quatre cordes, l’Anagram revendique un positionnement inverse : une machine conçue selon les besoins, habitudes, contraintes et ambitions du bassiste contemporain.

Darkglass Anagram : face avant

Un multi-effets nouvelle génération

Aujourd'hui, l’industrie musicale s'est lancée dans une véritable course à l’innovation matérielle, avec des systèmes plus agiles, plus puissants, mais aussi plus mobiles. Les solutions directes, les pédales préampli-IR et les FRFR sont devenues monnaie courante. L’Anagram s’inscrit clairement dans cette tendance, mais avec un niveau d’intégration rarement atteint.

L’appareil combine :

  • un multi-effets complet

  • un préampli polyvalent

  • un simulateur d’amplis et de baffles

  • un interface audio USB-C

  • un looper, un tuner, un éditeur logiciel

  • une connectique professionnelle, XLR comme jack

  • un écran tactile couleur de 7” pour un contrôle immédiat

Le tout propulsé par un processeur six cœurs, garantissant une latence extrêmement basse et la capacité à faire tourner simultanément un grand nombre de blocs d’effets ou de modèles d’amplis. Sur le papier, l’Anagram a tout d’un modèle phare, voire d’un futur standard.

Design et construction : Darkglass au sommet de sa forme

Darkglass soigne toujours ses designs, et l’Anagram confirme cette tendance. Le châssis en aluminium affiche des lignes propres, modernes, avec une qualité perçue "premium" dès la prise en main.

Quelques points marquants :

  • Les six encodeurs n’ont aucun jeu et offrent un feeling robuste.

  • Les trois footswitches réagissent vite et silencieusement.

  • Les connectiques arrière restent fermes et stables, même après de multiples cycles d’insertion.

  • L’écran tactile est lumineux et précis, sans latence perceptible.

Le produit est fournie avec une housse semi-rigide élégante et légère, suffisante pour les transports courants, même si les tournées intensives justifieront probablement un case plus costaud. Le seul élément potentiellement sensible reste l’écran : comme tout écran, un choc violent pourrait faire des dégâts. Rien n’indique une fragilité particulière, mais cela reste un point d’attention pour les musiciens maladroits ou les scènes encombrées.

Prise en main et ergonomie : un équilibre bien trouvé

Malgré la densité des fonctionnalités, Darkglass a réussi à rendre l’Anagram étonnamment intuitif. Cela tient à trois éléments :

1. Architecture de vues : Preset, Stomp, Scene

  • Preset : navigation par banques pour des configurations complètes.

  • Stomp : fonctionnement type « pedalboard traditionnel », chaque bloc comme une pédale activable.

  • Scene : variations d’un même preset avec switching instantané (changements d’état, de paramètres ou d’enchaînements).

Cette solution hybride permet de couvrir à la fois le travail en studio, les répétitions et les besoins scéniques complexes.

2. L’écran tactile + les encodeurs

On construit et édite ses chaînes d’effets par simple glisser-déposer. Un tap sur un bloc ouvre ses paramètres ; les encodeurs prennent alors le relais, offrant plus de précision qu’un doigt sur un écran.

3. Les Bindings : assignations personnalisées

Tout (ou presque) peut être assigné :

  • footswitches

  • encodeurs

  • macros multicritères

Par exemple, un seul footswitch peut :

  • activer un drive

  • changer l’intensité d’un chorus

  • modifier la fréquence d’un filtre

  • et baisser le gain d’un compresseur

… en une pression. Puissant, mais à utiliser avec parcimonie pour ne pas complexifier la navigation.

Un regret : pas d’entrée dédiée pour footswitch ou pédale d’expression classique, hors MIDI. Vous devrez vous contenter d'utiliser l'entrée return de la boucle d'effet pour connecter votre contrôleur. C’est un choix assumé, mais qui oblige les musiciens déjà équipés à basculer vers une solution MIDI si nécessaire.

Darkglass Anagram : face arrière

Routing et connectique : le royaume des setups complexes

Darkglass a prévu large :

  • entrée instrument

  • send/return stéréo (idéal pour préamps externes)

  • sorties XLR 1 & 2

  • sorties jack 3 & 4

  • sortie casque au mini-jack

  • MIDI TRS in/out

  • USB-C (interface audio, Darkglass Suite, MIDI, firmware)

Les possibilités sont alors immenses :

  • un signal vers la façade

  • un autre vers un ampli sur scène

  • une boucle d’effets externe parfaitement intégrée

  • traitement séparé de deux chaînes parallèles

  • monitoring au casque indépendant

L’Anagram se positionne clairement comme un « cerveau » capable de tenir lieu de hub audio complet.

Darkglass Anagram : bibliothèque

Bibliothèque sonore : Darkglass au naturel, mais pas que

1. Les drives : l’ADN Darkglass
On retrouve les incontournables de la maison :

  • Microtubes X, B3K, Alpha·Omicron, Duality Fuzz, Vintage Microtubes

Ces moteurs offrent le grain moderne et punchy qui a fait la réputation de la marque. Saturations précises, définies, pleines d’harmoniques : rien à redire.

2. Les amplis et cab sims
Des modèles inspirés de :

  • Ampeg, Marshall, Fender, Mesa/Boogie, Gallien-Krueger, … et bien sûr des têtes Darkglass

Avec près de 40 baffles basses (et même quelques cabs guitare), l’Anagram propose un éventail très complet, avec choix de micros, placements, etc.

3. Filtres, modulations, pitch : une belle palette, même si…
Les filtres sont efficaces, surtout le modèle façon Moog, nerveux, réactif, funky à souhait. Les modulations classiques (chorus, flanger) font très bien le job. Les pitch shifters, mono et poly, se combinent merveilleusement avec les drives pour des textures quasi-synthétiques.

Mais : certains bassistes regretteront peut-être un manque d’effets plus expérimentaux, au profit d’un nombre important de délais et réverbes.

4. Délais & réverbes : un soin particulier
Les reverbs et delays stéréo permettent de véritables nappes atmosphériques. Les bassistes adeptes d’ambiances cinématiques ou de post-rock seront ravis, ce qui n’est pas toujours courant dans le monde des multi-FX pour basse.

  • digital, analog, modulation delay, room, plate, hall, shimmer

5. Support des modèles NAM et AIDA-X
Une avancée majeure : l’Anagram peut charger des modèles neuronaux d’amplis ou de pédales tierces. Cela ouvre :

  • un accès à des milliers de modèles gratuits

  • une extensibilité quasi infinie

  • l’assurance que l’Anagram restera pertinent pendant de longues années

Un véritable pont entre le hardware et l’écosystème logiciel.

Outils et intégration : une plateforme complète

Looper : Indépendant des presets, parfait pour pratiquer ou composer.

Tuner précis Rapide, stable, lisible en toutes conditions.

Éditeur Darkglass SuiteGestion des presets, IRs, modèles neuronaux, mises à jour… Disponible sur Windows, macOS, iOS, Android.

Interface audio USB : Enregistrements en haute qualité, monitoring direct, routages séparés. L’Anagram peut remplacer une carte son dans un petit setup de production nomade. 

Sur scène, en studio, à la maison : un vrai caméléon
L’Anagram réussit ce que peu de machines parviennent à offrir : une réelle pertinence dans tous les contextes d’utilisation.

1. A la maison 

  • Jeu au casque très qualitatif
  • Looper et presets simples

2. En studio

  • Interface audio intégrée
  • Modèles propres, précis, dynamiques
  • Compatibilité avec NAM/AIDA-X : accès à des captures réalistes
  • Possibilité d’enregistrer des signaux DI + cab simultanément

3. Sur scène

Sorties XLR parfaites pour la façade

  • Envoi parallèle à un ampli possible
  • Changements de scènes instantanés
  • Taille compacte et châssis robuste
  • Le tout dans un format de moins de 1 kg.

Une machine pensée pour durer
Grâce à son architecture évolutive, ses mises à jour logicielles et la compatibilité avec les technologies neuronales, l’Anagram est bien plus qu’un produit figé. Darkglass le présente comme une plateforme, susceptible de s’enrichir au fil du temps de nouveaux modules, blocs, fonctions ou modèles.

C’est une vision moderne, tournée vers la pérennité — un atout majeur dans un marché où les solutions numériques se succèdent parfois trop vite.

Conclusion : une nouvelle référence pour la basse moderne

Le Darkglass Anagram n’est pas simplement un multi-effets de plus. C’est une synthèse réfléchie de ce dont un bassiste a réellement besoin aujourd’hui :

  • des sons modernes de grande qualité

  • une interface intuitive malgré la puissance embarquée

  • une connectique complète

  • une flexibilité qui couvre les usages domestiques, scéniques et studio

  • une ouverture vers les modèles neuronaux et les évolutions futures

Il n’est pas exempt de limites — l’absence d’entrée pour pédale d’expression non MIDI en frustrera certains, et ceux en quête d’effets très expérimentaux devront compléter avec d’autres plugins ou pédales. Mais dans l’ensemble, l’Anagram représente aujourd’hui l’une des propositions les plus cohérentes et ambitieuses du marché pour les bassistes.

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